Au cours du débat du 21 décembre, j'ai fait l'intervention reprise ci-dessous :
Entre le discours optimiste et "lénifiant" de M. ABBAS et celui de M. MISSLER, qui a mis plus en valeur les réalités et les problématiques du terrain, je serais plutôt tenté de rejoindre les problèmes de terrain et la pauvreté-précarité. Je m'interroge sur le fait que le débat que nous avions demandé il y a plus d'un an à ce sujet n'a toujours pas eu lieu. Le nombre des bénéficiaires des Restos du Cœur comme d'autres associations caritatives a encore augmenté depuis quelques mois. Ce sont des réalités de terrain.
Le Secours Catholique met en place des clignotants. Non seulement, il remarque les difficultés des personnes, mais veut en déterminer les raisons. Que constate-t-il ?
Quand les Assedic ou la Caf ont fait de mauvais calculs et que l'on reprend les indus plusieurs mois en arrière, que se passe-t-il ? On procède à des prélèvements sur les prestations dues au moment "t", si bien que les personnes en difficulté ne reçoivent plus de prestations.
Lorsqu'un compte bancaire est débiteur ou à zéro et qu'un prélèvement d'EDF se présente, il est refusé et reste impayé, la banque prélevant, en plus, 27 euros pour règlements impayés. Autrement dit, au manque de disponibilité s'ajoutent des charges, des agios, sans commune mesure avec le problème rencontré. Non seulement les personnes n'ont pas d'argent, mais en plus on leur en retire suite à un incident de paiement. C'est un fait à prendre en compte.
Je parlais de la pauvreté et de la précarité des personnes. J'ajouterai celle des structures d'accompagnement. J'ai cité les centres sociaux, mais ils ne sont pas les seuls à s'inquiéter de leur devenir, non pas de leur devenir en tant que tel, mais le sentiment qu'ils ont d'être confrontés à des besoins de plus en plus nombreux pour lesquels ils ont de moins en moins de moyens ou d'assurance de pouvoir les tenir. Lorsque les associations sont au rendez-vous, on les nomme "partenaires". Quand elles n'ont pas la certitude de disposer des moyens nécessaires pour travailler, comme en 2007, il s'agit de précarité, ce qui rejaillit sur les bénéficiaires.
Sa démonstration est-elle juste ?
On se réjouit du taux de chômage. Je serais tenté de dire avec tous qu'il baisse. En présence de M. le Préfet, j'ai interrogé sur la corrélation entre le taux de chômage qui baisse et le nombre des bénéficiaires du RMI qui augmente. Je n'ai pas encore obtenu la réponse. Le RMI est assumé par le Département. Le taux de chômage qui baisse induit certes le versement de prestations en moins, mais elles ne correspondent pas à une économie pour le Département.
Dans le domaine de l'enseignement supérieur, je pourrais parler de précarité quand on connaît les inquiétudes sur le devenir du CESS, de l'unité de Verdun, de l'IAE ou de diverses sections de l'EPL Agro. Bien que des élèves soient inscrits, les sections peuvent être supprimées. Or, dans un certain nombre de ces domaines, les emplois à la clef seraient ou sont disponibles et, parfois, sur notre département. Là aussi, nous devons intervenir.
Tout le monde a dû recevoir une information de l'Insee sur l'Écoscopie de la Meuse, financée, ce dont je remercie le Conseil Général, par le Département de la Meuse et les Chambres consulaires. Nous apprenons beaucoup sur les disparités entre les différents arrondissements.
Sur Bar-le-Duc, on constate une démographie préoccupante pour l'avenir. Les naissances baissent, la population vieillit.
Il y a nécessité de renforcer les liens et les échanges avec les agglomérations voisines. On s'aperçoit que le Département de la Meuse a besoin de nouer des liens avec les départements voisins. Il en bénéficie, certes, mais c'est aussi le constat de sa faiblesse. Toute la problématique des déplacements entre les villes de notre Département ou les environs et les villes voisines sont particulièrement importantes.
L'emploi salarié proposé localement se contracte ; cela reste une inquiétude. Dans l'agglomération barisienne, richesse et pauvreté se côtoient. Cela signifie que des personnes aisées sont plus aisées et que celles qui sont pauvres sont encore plus pauvres. Pour elles, se côtoyer est susceptible de susciter des difficultés dans le lien social, le "vivre ensemble". C'est un phénomène que nous devons prendre en compte.
J'en arrive à un point qui me soucie : la seule chose importante qui soit relevée au sujet de Bure est la manne financière qui s'attache au laboratoire. Je souhaiterais que puisse être pris en compte le retraitement des déchets. On me rétorquera peut-être que ce n'est pas le problème du Département de la Meuse, mais c'est là un problème de société. En parallèle, se pose le débat sur l'énergie. Or, ce sont des questions qui sont régulièrement éludées.
M. ABBAS, vous avez parlé de l'équité initialement mise en place s'agissant de l'APA : 50/50. Si le Département assume désormais une part plus importante, cela résulte d'un choix de l'État de ne pas aider davantage. Il est à relever que l'APA était organisée comme un dispositif plus juste que la PSD. C'est un élément important à ne pas négliger.